L’Europa League: petit-fils bâtard de le “Coupe des villes de foires”

octobre 13th, 2009 | by admin |

Alors que les 1ères joutes de phase de groupes viennent de commencer, il est intéressant de se pencher sur le pedigree de cette nouvelle venue : l’Europa League. Car, pour changer de noms, une compétition a besoin de plus qu’une ou deux retouches de règles, comme le nombre de participants ou celle des finales (à savoir une finale en un match sur terrain neutre ou en 2 matches : aller-retour).

En parlant de nom, le « grand-père » de l’Europa League s’appelait « coupe des villes de foires » et vécut de 1955 à 1971. C’est une Europe en ébullition qui essaye d’organiser des compétitions de clubs pour enfin tenter de définir quelle équipe est la meilleure. Un continent qui, fondé sur des résultats de matchs amicaux, nomme déjà pompeusement certains clubs comme « les meilleurs du monde »,

Donc, que ce soit pour cette coupe ou pour la « coupe des clubs champions », les 1eres joutes se font lors de l’année 1955. A l’inverse de sa grande sœur, la « coupe des villes de foire » n’a pas un format de sélections précis et réunit des sélections de joueurs dans les principales villes où se déroulent ces fameuses foires. Pour exemple, lors de sa 1ère édition, ce sont les villes Bâle, Birmingham, Copenhague, Francfort, Vienne, Cologne, Lausanne, Leipzig, Londres, Milan, Zagreb et Barcelone. Cette dernière remporte la 1ère finale face à une sélection londonienne (8-2 sur l’ensemble des 2 matches) après 3 ans de compétitions ; ceci étant du à la volonté des organisateurs de coïncider avec les foires et de ne pas encombrer le calendrier officiel. Il aura fallu 16 ans et 13 vainqueurs pour que l’UEFA se décide à reprendre en mains cette compétition dans l’espoir de la rendre officielle et de l’intégrer à son lot de compétitions européennes de clubs.

Afin d’enterrer dignement cette coupe, un dernier match est organiser entre le 1er et le dernier vainqueur de la coupe (respectivement Leeds et Barcelone qui furent aussi les 2 plus gros vainqueurs de la compétition) le 22 septembre 1971. Récompense ultime de ce match : conserver définitivement le trophée qui passait d’année en année d’un vainqueur à un autre. Et c’est Barcelone (2-1) qui l’emporte.

A peine le temps d’oublier le nom que la « Coupe de l’UEFA » fait son apparition, bafouant les principes de son prédécesseur en n’incluant plus uniquement des équipes dont la ville possédait une foire commerciale. Réservée maintenant aux équipes des championnats finissant dans les premiers (sauf le champion qui participe à la « coupe des champions »), elle conserve tout de même des règles come la finale en match aller-retour.

Pendant des années, l’UEFA tenait son calendrier type avec le mardi réservé à la « Coupe des vainqueurs de coupes », le mercredi à la « Coupes des champions » et le jeudi à la « coupe de l’UEFA ». Pendant des années, rien ni personne ne remit en cause ce système. Mais, les années 2000 et le nouveau millénaire chamboulèrent la donne au profit de ce qui subsistera comme la mort des compétitions européennes au profit du football du spectacle et de l’argent.

Devant la notoriété de la « coupe des champions » devenu « ligue des champions » (C1 à cette époque), la volonté de l’UEFA  de renforcer cette dernière tua petit à petit les autres compétitions. A commencer par la « Coupe des coupes »(C2) qui disparut pour fusionner avec la « Coupe de l’UEFA » (C3) à partir de l’année 2000. Cette année coïncide aussi avec de nouvelles règles en C1 qui permettent aux clubs éliminés des tours préliminaires ainsi qu’au club finissant 3e de leur phase de poules de retomber en C3. Le phénomène de « poubelle lucrative » permettant aux grands clubs de ne pas trop perdre d’argent en leur donnant des matches supplémentaires en C3, transforme peu à peu cette compétition en « C1 du pauvre ». Les changements quasi annuels de formules pour la « coupe de l’UEFA » finissent de l’achever par les rires. Elle finira retransmise sur des chaînes du câble obscures, en différé la plupart du temps.

 Devant un regain d’intérêt pour cette compétition après les victoires d’équipes émergeantes de l’Est ( Zenith St Pétersbourg en 2008 et Shakthar Donetsk en 2009), l’UEFA et son président Platini ont voulu lui donner un nouveau coup de polish en modifiant son nom en « Europa League » et en calquant son système sur celui de la « Ligue des champions » : un phase de poules puis des éliminations directes. On se retrouve donc à réviser notre alphabet avec 12 groupes (de « A » à « L ») de 4 clubs. Pas d’enterrement de la précédente compétition ni de changements de trophée, mais simplement une compétition-laboratoire, avec l’essai de l’arbitrage à 5 (1 arbitre de champs, 2 de lignes et 2 de surface) par exemple, comme pour des compétitions mineures (J.O ou compétitions de jeunes…).

Si tout cela peut améliorer l’intouchable « Ligue des Champions », de quoi se plaint-on après tout.

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